Vie scolaire : prévention des jeux violents et dangereux à l’école

Bon
nombre d’élèves sont victimes de jeux dangereux et de pratiques violentes dans
l’Hexagone. De ce fait, en collaboration avec diverses associations, chaque établissement
d’enseignement et les parents ont le devoir de mettre en place des mesures
visant à prévenir les comportements à risques au cours de la vie scolaire des
enfants…

Prévention
des jeux dangereux en milieu scolaire : quelle responsabilité pour l’État ?

La
signature du protocole d’accord entre le ministère de l’Éducation nationale et
le ministère de l’Intérieur en octobre 2004 a été le renouvellement et la mise
en cohérence de toutes les mesures étatiques nécessaires à la
lutte contre la violence en milieu scolaire. Ce protocole prend également en
compte la prévention des jeux dangereux qui se produisent souvent pendant les
périodes périscolaires, c’est-à-dire au sein des espaces qui se veulent être ludiques
et récréatifs. Mais étant donné que pour les écoliers, le jeu fait référence à une
société type où un ordre social et une hiérarchique existent, il doit contribuer
au façonnage de la personnalité de chaque élève. Les jeux dangereux peuvent de
ce fait être évités à travers l’apprentissage de la citoyenneté et du respect
d’autrui. Et l’État a un grand rôle à jouer dans la conscientisation des
personnels éducatifs, car dès le primaire, les élèves doivent comprendre
comment se prémunir de tels risques.

Puisque
chez les élèves, tout jeu de nature dangereuse a comme origine le processus de mimétisme
et d’émulation, c’est à travers ce phénomène qu’il est possible d’établir une
stratégie de prévention efficace. L’idée est d’inculquer dans l’esprit de ces
jeunes gens les conséquences néfastes des gestes violents, voire fatals, tout
en mettant en avant les pratiques modèles. En général, il y a trois types de
jeux dangereux dans la vie scolaire : les jeux suffocants, les jeux d’agression
et les jeux de défi (avec possibilité de combinaison des trois). Heureusement
que depuis le début des années 2000, la prévention et la lutte contre les jeux
à risques ont été l’une des premières préoccupations sociales des ministères de
tutelle du secteur éducation. Tous les acteurs concernés sont en effet mobilisés
en tenant compte du contexte local des écoles dans lesquelles ils travaillent.

Une
prévention qui nécessite un usage responsable d’Internet

Toujours
sur la base de la force du mimétisme, les réseaux sociaux peuvent représenter
une dimension potentiellement dangereuse des jeux ludiques. C’est d’autant plus
vrai pour les jeunes à la recherche d’identité qui regardent sur ces sites des images
et des vidéos qui incitent à la violence, voire même à l’hypersexualisation et
à la haine. D’un autre côté, les commentaires malveillants et les défis
sportifs d’adultes postés sur Internet peuvent avoir des effets destructeurs sur
la mentalité de ces enfants. Certes, pour obtenir les applications et les
vidéos contenant ces jeux, il y a des limites d’âge conseillées, mais ce n’est
pas toujours le cas pour la plupart des plateformes de téléchargement. Il faut donc
que les parents prennent les mesures de restriction nécessaires pour éviter d’éventuelles
dérives.

Bien
que leur notoriété soit fulgurante sur les réseaux sociaux, en France, de
nombreux jeux de défis dangereux tels que «Blue Whale» ou «Momo Challenge» font
déjà l’objet d’une alerte parentale auprès des bureaux de la police et de la
gendarmerie nationale. Il faut être vigilant face à ces pratiques numériques dédiées
aux jeunes. C’est en effet au niveau de leur aspect violent qu’elles tirent
leur succès. D’ailleurs, leur but est d’inciter les internautes comme les
élèves à se surpasser pour interpeller le regard de leurs camarades. Pire, ces
jeux de manipulation peuvent conduire au suicide, car ils s’accompagnent
parfois de chantages moralement très déstabilisants.