Merci MadameMerci MadameMerci MadameMerci MadameMerci Madame

Merci Madame
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J’ai discuté avec la mère d’une élève DYS, qui a également des troubles de l’attention, et surtout qui a un baobab dans la main.

Elle a finalement décidé que sa fille ne pouvait faire aucun effort.
Non elle ne peut pas écrire les leçons. Elle est dys et fatigable.
Non elle ne peut pas écouter non plus. Elle a des troubles de l’attention.
Non elle ne peut pas non plus faire de photocopies. Elle est tête en l’air.
Non on ne peut pas la croire quand elle dit qu’elle a tout écrit. Elle est immature.
Non elle n’y peut rien.

C’est à moi de veiller à ce que sa fille ait la leçon écrite et qu’elle soit comprise, sans l’avoir écrite, ni écoutée.
Je fais comment, du coup ?

8 commentaires sur “Merci Madame

  1. PurpleRain31
    23 octobre 2015 at 8 h 39 min

    Si elle a autant de problèmes que ça et même rien qu’avec sa « DYS », que les parents montent un dossier à la MDPH et dans un an… (si vous va bien), elle aura une AVS qui lui l’aidera.

  2. 17 novembre 2015 at 9 h 52 min

    Un de mes amis a eu un AVC il y a trois ans, aujourd’hui il ne peut plus écrire et a du mal à lire. Il a du mal soutenir une longue conversation car il fatigue très vite et perd souvent ses affaires car il a des troubles de l’attention. Il ne vient pourtant à l’esprit de personne de lui dire qu’il ne fait pas d’efforts ou qu’il a un baobab dans la main … Étrangement, quand un enfant nait avec des désordres neurologiques similaires, il est forcément paresseux car son handicap ne se voit pas et qu’on ne le l’a pas connu « avant ». Et il doit se développer avec ses difficultés qu’il ne comprend pas et l’image de paresseux que beaucoup lui renvoient.

    Pour ma part, j’ai trois enfants, deux qui ont des facilités très importantes et un avec des troubles dys (dont une dysgraphie, il ne peut effectivement pas écrire sans se fatiguer). Les deux premiers ont toujours très bien réussi avec un minimum de travail (le deuxième nous a ramené un 17/20 (écrit) et 16/20 (oral) au bac de français l’année dernière alors qu’il n’a même jamais lu les livres étudiés en classe, juste quelques résumés sur Internet …). Mes deux premiers ont toujours eu d’excellentes appréciations « élève sérieux, travailleur », quant au petit dernier qui passent des heures et des heures sur ses devoirs, il est loin d’avoir les résultats que son travail mériterait. Cherchez l’erreur ???

    Pour répondre à votre question « Je fais comment du coup ? », peut-être commencer par se renseigner pour comprendre. Par exemple lire ce texte « Que vit-il ? » :

    http://www.dyscussions-parents-professeurs.fr/espace-professeurs/que-vit-il/

    Vous trouverez d’ailleurs sur le site « Dyscussions parents-professeurs » d’autres ressources pouvant être utiles à des enseignants.

    Bonne continuation à vous et, je l’espère, une bien meilleure compréhension des troubles dys…

    1. estelle
      17 novembre 2015 at 12 h 55 min

      Voilà encore un enseignant ignorant des difficultés des dys et surtout qui ne se pose aucune question. Inadmissible!!! Mon fils a une dyslexie et une dysorthographie sévères, c’est a cause de gens comme vous que mon fils a été découragé, heureusement que nous parents et aussi grâce à son orthophoniste, on a réussi à lui redonner confiance

      1. sav
        5 janvier 2016 at 20 h 30 min

        c’est bien connu : un enfant qui réussit à l’école, c’est grâce à ses parents et un enfant en difficulté, c’est à cause de son enseignant !!!!

  3. 17 novembre 2015 at 17 h 51 min

    Bonsoir, en effet, cette maman n’a pas tord et exprime les difficultés de son enfant qui sont réels, c’est très courant chez les dys comme difficultés.
    Les propositions d’adaptations semblent adaptés au problème. Vraiment, je te conseille de jouer le jeu et tu verras cet enfant s’épanouir et révéler tous ses talents. Le jeu en vaut la chandelle.

  4. 17 novembre 2015 at 19 h 44 min

    J’ai enseigné quelques années et le hasard de la vie a voulu que mon fils naisse dyspraxique : une atteinte neurologique qui entravait tous les gestes fins volontaires, coordonnés, un handicap invisible qui s’est répercuté de façon majeure sur deux apprentissages scolaires essentiels : la lecture et pour cause… balayage, saccades, fixations, coordination des muscles oculaires impossibles : plus de 100 mouvements par minute, invisibles, d’une précision infinie, mais indispensables, pour simplement …lire. La lecture au tableau est complexe, il y a réellement une forme de malvoyance neurologique. Ne parlons pas de l’écriture, un geste graphique qui demande environ 6 ans d’entrainement pour tout élève ( le temps de l’école primaire) pour devenir automatique. Cet automatisme permettant ensuite de prendre des notes et d’écouter sans avoir à se concentrer pour « simplement écrire ». Chez ces enfants, il est réellement épuisant de, à la fois écouter et d’écrire. Certains ont des crampes après quelques minutes ( essayez d’écrire tout simplement à « vitesse normale » avec votre main non dominante). Le handicap moteur est réel, épuisant lors d’une journée complète de cours…Il en découle souvent des difficultés d’attention également, l’élève se retrouvant constamment en « double tâche ».
    Il existe des moyens simples d’aider ces élèves, une fois qu’on a compris leur trouble neurologique. Leur fournir les cours sur clé USB ou les photocopies : tous les enseignants du collège de mon fils ont « joué le jeu ». Au début, il cavalait avec un camarade pour essayer de photocopier les cours. Ses professeurs ont réalisé combien c’était un marathon et du stress, ils ont tout fait pour lui remettre les cours ( que je « recopiais lisibles : aérés, agrandis, la nuit) Ils ont transformé sa scolarité, sans eux et leur bienveillance, il est certain qu’il se serait désespéré. Ils privilégiaient un maximum l’oral. Ont impliqué des camarades en expliquant ses difficultés.
    Cette enfant n’a certainement pas un « baobab » dans la main mais doit vraiment souffrir de difficultés pour lesquelles les aménagements « minimaux » ne sont proposés. Il existe nombre de conseils et recommandations simples et aisés à découvrir, à l’intention des enseignants.
    Et ces enfants souvent disent « J’ai tout écrit » par honte, n’osant demander aide….

  5. Dépassée
    18 novembre 2015 at 0 h 25 min

    Bonjour,

    Pour répondre à chacun et également vous rassurer, oui je me suis posé des questions et j’ai cherché toutes sortes de solutions pour aider cette demoiselle.
    J’enseigne depuis plusieurs années, ce n’est pas ma premiere élève DYS, et j’ai toujours réussi à trouver des solutions.
    J’ai proposé tout ce que j’ai pu imaginer à la maman, qui a tout rejeté en bloc. Je n’ai donc pas cherché à insulter ni cette fillette ni sa maman, mais bien à partager le fait que je suis « dépassée » (d’où le pseudo) comme, je pense, nombre de mes collègues.

    Si j’ai précisé qu’elle avait un « baobab dans la main » ce n’est ni par méchanceté ni condescendance, mais parce que c’est l’avis général de tous ses enseignants, de l’infirmière et même de son père.
    Certes, elle a des difficultés que personne ne nie, mais elle reste aussi passive face à l’enseignement. Or, personne ne peut apprendre à sa place.
    De plus, il se trouve qu’il n’y a QUE dans ma matière qu’elle refuse d’écrire. Je fais preuve de douceur, patience, gentillesse, mais aussi fermeté, je lui parle régulièrement car je sais qu’elle marche énormément à l’affect.
    J’ai demandé conseils aux collègues, aux parents, à l’infirmière, à… Elle n’a pas envie. Elle le dit elle-même.
    Je l’encourage à chaque réussite, mais elle s’en moque complètement.

    Inutile d’être désagréable en disant que je ne fais pas mon travail et qu’à « cause de gens comme moi » les enfants sont en échec. Je fais de mon mieux pour aider chaque élève à progresser, mais il arrive que je sois démunie face aux nombreuses demandes des très nombreux parents, et surtout face à la démotivation de certains élèves, dys ou pas.

    1. 18 novembre 2015 at 11 h 17 min

      Bonjour,
      Attention toutefois à la stratégie d’évitement du cerveau qui consiste à refuser une activité plutôt que l’échouer. Je vous conseille de regarder cette très intéressante vidéo de la psychologue praticienne Jeanne Siaud Facchin :

      http://www.aufeminin.com/video-maman-bebe/enfant-paresseux-faineant-cause-paresse-n59588.html

      Quant à l’avis du papa, ayez bien conscience que beaucoup de papas restent longtemps dans le déni, il est tellement plus facile de se dire que son enfant est paresseux plutôt que d’accepter le handicap … (ça n’aide pas l’enfant, mais ça déculpabilise le parent)

      Mais un Dys est un enfant qui souffre de ne pouvoir faire, de la même façon qu’un adulte ayant eu un AVC souffre de ne plus pouvoir faire des choses qu’il faisait avant. …

      Je me doute bien qu’il n’est pas toujours facile d’avoir à gérer un ou plusieurs dys dans un groupe classe où il y a aussi d’autres enfants à problèmes, qu’il n’est pas forcément toujours facile de dialoguer avec des parents qui sont des « écorchés vifs », mais il me paraît essentiel de comprendre vraiment ce qu’est le handicap cognitif. C’est le cerveau qui est touché et ce n’est pas rien, même si ça ne se voit pas …

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