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Des envies de démissionner
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D. a débarqué dans notre école  il y a 3 ans, suite à son renvoi d’un autre établissement pour violences répétées (il a entre autres mordu un remplaçant…).
Au début il s’est à peu près tenu, puis a recommencé progressivement à déraper. Nous avons du faire 126587,4 équipes éducatives, pour pas grand chose. Le Sessad refuse de s’en occuper, il est trop violent instable. Le pédo-psy n’a pas réussi à s’occuper de lui.
A l’école, il essaye (arrive parfois) de s’échapper à la moindre occasion, insulte (avec un vocabulaire très limité mais imagé) les adultes qui ont le malheur de lui parler, il jette des objets, écrit des lettres indiquant son envie de se suicider,  empêche sa maîtresse de faire classe en perturbant toutes ses séances. Il est violent avec les autres. Lundi, coup de grâce, en l’espace d’une heure il essaye d’étrangler un élève puis frappe la directrice. Bref, il est dangereux pour lui, pour les autres et pour nous. L’inspecteur nous fait, enfin !!!, miroiter une déscolarisation. Pour finalement décider que D. prendra des neuroleptiques (PAI) pour l’assommer un peu et reviendra en classe, sans aucune autre forme de soins vu que personne ne veut s’en occuper…
Mes collègues qui l’ont en classe sont à bout, le petit qui a été étranglé et ses camarades à qui ça pourra arriver à n’importe quel moment comptent apparemment pour du beurre, l’Éducation Nationale se noie dans son hypocrisie, et moi j’ai envie d’aller voir ailleurs…

22 commentaires sur “Des envies de démissionner

  1. 7 mars 2015 at 22 h 10 min

    Ebé…

  2. LEMEUNIER
    8 mars 2015 at 7 h 34 min

    Et la famille dans tout ça ? Si elle refuse de faire soigner son enfant il faut faire un signalement pour absence de soin.
    Ne laissez pas tomber cet enfant. Je sais qu’on en demande bcp aux instits mais nous sommes ceux qui passons le plus de temps avec eux après les parents parfois « absents ». Courage. Je sais que c’est difficile mais il faut multiplier les rapports d’incident afin d’avoir des billes le jour où il faudra constituer un dossier.

    1. 8 mars 2015 at 21 h 24 min

      Nous avons fait une bonne dizaine d’informations préoccupantes. Pour rien. Personne ne bouge au-dessus. La famille est totalement dépassée, carencée, la maman est battue par son fils. Les services de soins refusent de s’en occuper. Tout le monde nous laise tomber. On a tenu bon pendant 3 ans, mais maintenant il faut aussi qu’on pense à la sécurité des autres élèves et à notre santé mentale…

  3. ML
    8 mars 2015 at 15 h 12 min

    3 ans rien n’a été fait!!!! vous avez beaucoup de patience; Nous ne devrions pas avoir ce genre d’élèves dans nos classes. et les autres parents que disent-ils ?
    est ce que le droit de retrait peut fonctionner dans cette situation?

    1. 8 mars 2015 at 21 h 27 min

      Apparemment le droit de retrait ne peut malheureusement pas s’appliquer, apparemment il n’y a pas de « danger grave et imminent » ! On en parlera au petit qui a été étranglé… Les familles ne disent pas grand chose pour le moment, je crois qu’elles n’ont pas vraiment conscience des choses. Nous avons été tentées de les informer pour qu’elles agissent de leur côté. Mais il nous a été déconseillé de faire entrer les autres parents dans le problème. Mais nous n’avons pas complètement renoncé à cette possibilité.

  4. NoOdle
    8 mars 2015 at 15 h 32 min

    Je profite pour témoigner vite fait. Il aura fallu attendre quasi toute une scolarité pour qu’un de mes élèves de cette année soit enfin pris en compte (CM1). Il se trouve que le loustic a le syndrome de la Tourette et que personne ne l’avait vu avant (Oo… no comment). La classe l’angoissait énormément et il aura fallu la visite de deux conseillères péda et de l’inspectrice (dans l’école à ce moment, pur hasard) pour se rendre compte réellement de l’étendue des « dégats » (A trois, il nous a été difficile de le contenir). Le gamin a fini par réussir à planter un crayon dans la main d’un autre et ça a déclenché la déscolarisation pour un temps et il est enfin re-scolarisé dans une autre école peu de temps, avec AVS. Mais les enfants m’ont dit que l’année dernière il lançait les ciseaux sur la maitresse etc…

    On en est venues à penser avec les collègues, qu’il leur fallait constater « en vrai » pour faire bouger les choses et que notre parole n’était que peu entendue. Triste constat.

    N’empêche que ça a eu lieu en novembre dernier et que la classe se remet lentement de tout ça.

    1. 8 mars 2015 at 21 h 33 min

      L’an dernier, pendant une équipe éducative, l’inspecteur a demandé à parler à D. pour le « recadrer ». D. lui a répondu « J’en ai rien à foutre de tes conneries, je m’en bats les couilles. » Puis il est reparti en classe.
      L’inspecteur, pour sauver la face, nous a dit que D. avait fait une pirouette mais qu’il avait parfaitement reçu le message… !
      Quelques temps après, lorsqu’il a inspecté l’ enseignante de D., il l’a fait dans le bureau de la directrice. Il n’est pas entré dans la classe. Peut-être pour ne pas voir les choses en face ?

    2. jaja
      24 mars 2015 at 0 h 35 min

      Vous même ne l’avait pas diagnostiqué la tourette , no comment….ah c’est vrai que nous ne sommes pas médecin!!! c’est la faute des parents????? Certainement……..Ou des enseignants antérieurs? Avec le syndrome de Gille de la tourette les enfants reproduisent la violence qu’ils subissent…Donc je pense que vos élèves ne doivent pas être bienveillants,tolérants et certainement violents…

  5. ju
    8 mars 2015 at 16 h 12 min

    Ce n’est pas la première fois que je vois ce genre de cas et je ne comprends toujours pas comment l’EN peut-elle mettre en danger 25 enfants sous prétexte d’en scolariser UN qui, de toute évidence, relève d’une structure spécialisée ???
    Bon courage à toute l’équipe.

    1. 8 mars 2015 at 21 h 34 min

      Merci, je transmettrai. Vos réactions sont rassurantes : à force de vivre tout ça au quotidien, on ne se rend plus compte, on ne ne sait plus si c’est vraiment grave ou si c’est nous qui déraillons !

      1. 8 mars 2015 at 22 h 46 min

        Oh non, ce n’est pas vous qui déraillez ! C’est l’Éducation Nationale qui déraille, et les IEN, notamment, qui défendent de moins en moins l’intérêt des enfants et des enseignants… Les chiffres, les chiffres… Le reste ça viendra après… Un jour peut-être… :'( Bon courage à toi et tes collègues, Carabouille !

      2. Nicolas Valérie
        20 mars 2015 at 21 h 50 min

        Bonjour, je suis enseignante en IME, nous sommes régulièrement confronté à ce problème. Vous pouvez peut être prendre contact avec un Institut Thérapeutique pédagogique, afin qu’il puisse vous donner quelques pistes à suivre pour prendre en charge cet eléve en attendant d’autres réponses plus appropriées.

  6. Peach
    20 mars 2015 at 20 h 11 min

    Je suis choquée de lire que personne ne fait rien. J’ai le même problème élève violent et qui perturbe la classe toute la journée, il me provoque et je suis à bout. Mais le directeur et toute l’équipe me soutiennent et nous avons réussi à ne le scolariser que partiellement (le matin) avec l accord des parents, et dans une autre classe (niveau simple) car avec moi cela ne fonctionne plus il me teste trop toute la journée quand je suis avec l’autre niveau
    bon courage

  7. 20 mars 2015 at 20 h 54 min

    C’est terrible et vraiment inquiétant car, on entend de plus en plus d’histoires comme la tienne dans les écoles. Voir que nos autorités supérieures nos réussissent pas à régler la question est encore plus préoccupant. Vers qui se tourner quand nos supérieurs ne sont pas capables de gérer? Comment peuvent ils oublier les autres élèves? Comment peuvent ils juger une telle situation « acceptable »? Dans mon école nous avons un cas complexe aussi, l’information préoccupante est sur le point de partir, l’IEN a été avisé à de nombreuses reprises de le situation mais rien n’est fait. L’enseignante en question s’est épuisée à force de démarches et est complètement démunie face à la situation qu’elle vit au quotidien… Elle tien le coup mais elle admet que maintenant elle ne sait plus quoi faire et qu’elle se sent de l’impasse, attendant que quelque chose de grave se passe pour que les choses bougent. En équipe nous avons appuyé ses démarches, notre directrice s’est engagée car nous ne voulons pas de « graves » choses pour bouger ce petit monde mais rien, RIEN ne bouge… C’est dramatique….

  8. loize
    20 mars 2015 at 21 h 11 min

    J’entends ce genre de témoignage souvent… Et c’est flippant. Mon expérience me montre que les IEN ne bougent QUE quand les parents agissent. Donc pourquoi ne pas faire passer l’info à l’assoc des parents d’élèves ( s’ils sont pas trop cons, parce que là aussi des fois ça fait peur) afin qu’enfin ça bouge ? Il le faut pour les autres enfants, les instit et aussi pour D. Courage en tout cas, on ne devrait pas avoir à enseigner dans ces conditions…

  9. Kate
    20 mars 2015 at 21 h 13 min

    Bonjour, s’ il a été suivi par un pedopsy, il faut le recontacter et lui demander de faire un ecrit pour demande mdph, troubles du comportement et orientation en ITEP. Et si la famille ne suit pas, collecter toutes les preuves necessaires et tenir un cahier de bord (incidents de tous les jours détaillés). Au bout de 4 mois, IP a l’appui, on peut lancer la procedure sans les parents. Si l’IEN ne bouge pas, interroger directement l’IEN ASH en passant par l’enseignant référent.
    Apres, si personne ne bouge avec les IP, … signalement au procureur de la republique.
    Au fait, dans les IP, ne jamais cocher la case « les parents acceptent l’aide proposée », sinon la demande est directement rangée au placard. Si la famille est « prete à suivre nos conseils » alors il n’y a pas de problème! ………

    1. Sophie
      20 mars 2015 at 21 h 36 min

      Je n’ai pas grand chose à dire tellement ce genre de récit me parle ……. J’ai eu exactement ce genre d’enfant à gérer …. Et ben la seule chose que l’on a su me dire …..ce fut faut faire avec; le pauvre enfant pauvre famille etc .. Ben oui les pauvres ! Et moi qui a pensé à moi ? Qui a pensé aux enfants qui le subissaient tous les jours … ? Personne ….Tout mon soutien ………… Je finirai par: no comment tout est dit ….

  10. fabs
    20 mars 2015 at 21 h 44 min

    Tout cela à cause d’un « accord » international en faveur de l’inclusion de tous. On doit accepter tous les élèves sans exception pour ne pas qu’il y ait de discrimination. Chacun fait comme il peut, mais il ne faut surtout pas engager quelqu’un en plus pour ces gens, car c’est mettre une étiquette de plus sur ces élèves difficiles et autres… Lu aujourd’hui dans ma salle des profs sur une annonce de conférence à ce sujet… snif snif

  11. Cécile
    20 mars 2015 at 22 h 06 min

    On nous prend trop pour des magiciens capables de gérer toutes les situations… C’est désolant et désespérant!

  12. MARION SIAT
    20 mars 2015 at 22 h 47 min

    oui en vous lisant je me demandais pourquoi n’avait-il pas été fait de signalement au procureur pour enfant en danger? Et je ne connais pas « l’information préoccupante »? C’est quoi?

  13. Adeline
    21 mars 2015 at 13 h 52 min

    Nous en avons un du même style, il a fini par être renvoyé de l’école pendant un mois par le DASDEN, plus pour punir les parents qui disaient non à toute aide proposée que pour le gosse lui-même. La situation s’arrange mais ça a été très difficile, il s’est retrouvé dans notre école parce que nous sommes une zone difficile avec des parents démissionnaires qui ne monteraient pas au créneau pour ce que cet élève pourrait faire à leurs enfants… Entre temps il y a quand même eu une petite de maternelle dans son ancienne école à qui il a littéralement marché sur la figure en la jetant à terre (en plus c’est un petit gros…), son ancienne AVS avec un pied cassé après qu’il l’ai poussé dans les escaliers, une autre AVS attaqué à la bombe de peinture alors qu’il était en CE1 et qu’il s’était enfuit de la classe… La nouvelle AVS arrive mieux à le contenir, mais on sait que c’est par la peur qu’elle le tient, ce qui n’est pas forcément bon non plus (en gros elle lui a fait comprendre que s’il tape un autre enfant, elle lui refait la pareil…). On a aussi le soucis que c’est un enfant apparemment battu, à l’époque où il y a eu des traces visibles (je n’étais pas encore dans l’école) la directrice n’a rien voulu signalé (il était au CP et avait un bleu sur le bras de la forme d’une semelle de chaussure…).

    Courage pour votre équipe! On voit souvent les profs qui ont ces élèves en classe dépérir au fil des mois qui passent… je leur souhaite tout le courage du monde et que cette situation trouve enfin une solution.

  14. Sandra
    22 mars 2015 at 6 h 51 min

    Et on lui a fait passer des tests psychométriques à cet enfant ? Nan, parce qu’il faudrait déjà comprendre pourquoi il a des envies suicidaires et vérifier si il n’a pas des handicaps invisibles ???
    Une amie enseignante vient de se rendre compte qu’un gamin de CM2 ingérable depuis plusieurs années était précoce, dyslexique, dyspraxique, et avait un tda-h…le package ! Du coup le gamin était devenu au fil des années de plus en plus difficile à gérer, et suicidaire. On ne sait jamais…

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