Apprentissage de la lecture : quelques conseils pour mieux accompagner les élèves en difficulté

L’apprentissage
de la lecture à un élève en difficulté peut relever d’un vrai parcours du
combattant. En effet, en plus d’être un processus nécessitant un apport de
compétences bien solide, c’est tout un engagement et une initiative pédagogique
permanente. Voici donc quelques conseils utiles basés sur des recherches en
psychologie cognitive pour remédier à ce problème.

La
difficulté en lecture est souvent causée par un simple problème d’identification
de mots

Un
bon apprentissage de la lecture passe le plus souvent par une bonne
reconnaissance visuelle. En effet, un catalogue dédié aux pratiques
neuroludiques dans la Cité des sciences de Paris évoque la faculté de chaque
élément du cerveau à interpréter le réel. L’affinage de cette faculté est
crucial dans le domaine de l’apprentissage de la lecture aux élèves en
difficulté. Oui, selon les statistiques, un élève sur cinq ne sait pas encore
lire correctement à son entrée en classe de 6e. De ce fait, dès le primaire, un
élève doit apprendre à bien différencier les mots grâce à des exercices d’interversion réguliers. L’idée est de l’aider à extraire les
informations les plus essentielles contenues dans un support de lecture, et
cela grâce à un processus de décryptage évolutif en fonction de ses progrès.
Par exemple, lire une phrase incomplète ou reconnaître un objet et son nom grâce
à des gribouillages inscrits sur l’image s’avère être un bon exercice.

Ici,
le but est d’améliorer la capacité de l’élève à identifier les mots écrits tout
en étant capable de traiter ses sens dans différents contextes. Cette étape est
le meilleur moyen de savoir si l’enfant en question souffre d’une quelconque pathologie
comme la dyslexie ou si sa faiblesse relève seulement d’un simple retard
d’apprentissage. À noter que la capacité de chaque élève à identifier les mots
dépend de la vitesse avec laquelle il va découvrir l’ensemble des éléments qui
constituent ces derniers, c’est-à-dire les phonèmes.  C’est ce que les psychologues-pédagogues
appellent l’acquisition de la conscience phonémique. En étant capable de découper
ces éléments, il va pouvoir les reconnaître et mieux les distinguer en
appréhendant rapidement les principes alphabétiques.

La
construction d’un lexique orthographique et la résolution du problème de
dyslexie

Après
avoir traité quelques exercices de lecture de manière régulière et rencontré
plusieurs fois un même mot dans divers contextes, l’élève va pouvoir mémoriser
automatiquement la forme orthographique de chaque mot. Cette étape va l’aider à
éviter les balbutiements face à un mot déjà connu et d’en intégrer d’autres
dans son lexique. Cela dit, aussitôt qu’il apparaîtra dans un texte, le mot
sera tout de suite reconnu. Mais pour que l’élève puisse accéder à
l’intégralité du sens de ce qu’il est en train de lire, encore faut-il qu’il
arrive à décrypter l’aspect implicite de chaque phrase : c’est ce que les
linguistes appellent les inférences. Ce concept d’inférence peut s’acquérir
sous forme de cohésion ou de connaissance.

En
ce qui concerne le cas de la dyslexie développementale, elle peut être d’origine
socioculturelle (climat social défavorable à l’apprentissage de la lecture…) ou
congénitale (troubles auditifs et malformation…). Pour résoudre ce problème,
les psychologues prônent pour une méthode plutôt scientifique et non
idéologique de type syllabique. Le dépistage préalable de cette pathologie
devrait donc être effectué afin de donner à l’élève l’accompagnement dont il a
besoin. Dans ce cadre, le rôle de l’enseignant est également fondamental. Et
pour cause, il peut mettre à contribution son savoir-faire pour éviter que
l’écart se creuse entre l’élève atteint de dyslexie et ceux considérés comme de
bons lecteurs.